Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Marie-Hélène Lafon était à La Cour des grands hier soir !

Il est un peu plus de 18 heures en ce mardi 13 janvier. La librairie La Cour des grands s'apprête à accueillir Marie-Hélène Lafon. Elle vient parler de son dernier roman, Hors champ. 
Depuis de nombreuses années, cette autrice évoque les vies paysannes du Cantal, les destins tracés dès le plus jeune âge ("tu reprendras la ferme, mon fils"), les aspérités d'un quotidien rythmé par le labeur. Le tout servi par une langue économe et concise. Les histoires qui prennent corps sous la plume de Marie-Hélène Lafon sont des réminiscences venues tout droit de son enfance (qui me fait penser à la mienne). C'est beau, percutant, et parfois (souvent) cruel. 

Elle arrive à 18h24, alors que les employés de la librairie ne savent plus où donner de la tête : il faudrait pousser les murs tant l'espace est plein à craquer ! Il s'agit d'utiliser correctement le moindre centimètre. Il faut même aller chercher des sièges et des tabourets chez les autres commerçants du quartier. La littérature a encore de beaux jours devant elle, et c'est rassurant !

Elle arrive, pimpante, toute de rouge et de violet vêtue. Lunettes à la monture carmin, chevelure sautillante. Elle nous explique qu'elle est retraitée depuis peu et qu'elle se demande comment sa nouvelle vie va influencer sa production littéraire. La voilà qui dispose de ce bien si précieux qui manque si souvent quand on travaille : le temps ! "Je ne pense pas vous inonder soudain d'immenses sagas". Non. Sa signature, ce sont des livres courts et une langue qui ne s'encombre pas de falbalas, de colifichets, de dorures. Concise elle fut, concise elle restera. 

À la demande de la libraire, Marie-Hélène Lafon nous lit un extrait de son dernier roman. Elle a choisi un passage où il est question d'un gamin qui va à confesse. Il faut avoir soi-même connu la chose pour savourer comme il se doit la cocasserie de la scène ! Ah, ces séances dans le confessionnal, face à ce curé qui m'inspirait un respect mêlé de terreur...

Ensuite, la libraire invite l'autrice à piocher des étiquettes qu'elle a préparées et sur lesquelles elle a écrit des mots faisant référence à l'œuvre de Marie-Hélène Lafon. "Télévision", "famille", "vertiges", "coulée", "pensionnat", etc. Chaque étiquette déclenche une association d'idées et c'est un pur bonheur d'écouter l'écrivaine dérouler ses souvenirs, parsemant son discours de délicieux imparfaits du subjonctif ou de savoureux passés simples. 

Hors champ : encore un livre qui viendra alourdir les cartons de mon prochain déménagement (si déménagement il y a !)... Moi qui avais dit que ça suffisait, tout ce bazar causé par les bouquins et leur envahissante pléthore ! Oui, mais que c'est bon de les posséder, que c'est bon de les voir sur les rayonnages de mes bibliothèques ! Et surtout, que c'est bon de les lire ! La littérature a encore de beaux jours devant elle, vous dis-je !

Écrire un commentaire

Optionnel